Interview de Rob Hopkins le 23 Mars 2018

15 avril 2018

Presse

RobHopVoici une partie de l’interview que Rob Hopkins nous a accordée le 23 mars 2018. L’intégralité de cette interview est publiée dans le Kairos 35 paru le 29 juin 2018.

Cette interview contient six questions. Nous ne publions ici que les questions et réponses au sujet du nucléaire.

 

« Pour moi, le nucléaire n’a aucun rôle à jouer dans un futur en

transition. »

Latitia Harutunian : As-tu déjà pensé ou étudié les conséquences que la fin du pétrole bon marché pourrait avoir sur les centrales nucléaires mondiales ? Quelle est ton opinion sur les questions que nous soulevons dans notre article? (« Gare au silence radio (actif) » paru dans le Kairos 34 du 4 mai et également consultable ici)

Rob Hopkins : Je pense qu’il y a un réel danger dans le fait de mettre en place une telle infrastructure en supposant que nous aurons toujours accès aux énergies fossiles bon marché. C’est une hypothèse très dangereuse. L’exploitation du nucléaire a toujours été fondée sur l’idée que les générations futures seront plus intelligentes que la nôtre, et seront capables d’inventer des solutions au problème de la gestion des déchets radioactifs, ou à celui du démantèlement des centrales, auxquelles nous n’avons pas encore pensé aujourd’hui. Mais c’est une hypothèse stupide, car ce qui va se passer, c’est que nous allons basculer dans une époque où il y aura de moins en moins d’énergie et de ressources, nous vivrons une époque où nous devrons affronter l’impact et les aléas du changement climatique. Et nous nous retrouverons avec cette infrastructure sur les bras, qui demeurera un problème pendant des dizaines de milliers d’années. Continuer à construire des centrales nucléaires dans un tel contexte est d’une stupidité monumentale. L’effort pour développer une économie non-nucléaire et renouvelable est donc essentiel.

J’ai toujours beaucoup aimé Joanna Macy, une militante anti-nucléaire américaine et érudite bouddhiste. Elle dit que nous devrions transformer nos centrales nucléaires en monastères… c’est une idée incroyable. Il y aurait des ingénieurs nucléaires entraînés qui dédieraient leur existence à la maintenance et à la sécurité de ces lieux. Ce serait l’oeuvre de leur vie, leur pratique spirituelle, comme s’ils vivaient dans un monastère. Je pense que c’est une idée fabuleuse.

L’âge des énergies fossiles nous laisse de nombreux héritages, comme celui du plastique, que l’on retrouve dans le corps de créatures marines vivant à onze kilomètres de profondeur… mais je pense que l’article a raison de soutenir que le nucléaire est l’un des pires héritages qui nous ait été transmis.

 L.H : Comment prendrais-tu position par rapport à la réalité du nucléaire et au danger potentiel mais réel de ces centrales en cas de crise pétrolière ? Quelle action pourrais-tu avoir pour nous aider à accélérer la sortie du nucléaire ?

R.H : Le gouvernement anglais a voté la construction d’une énorme centrale nucléaire, qui sera construite conjointement par EDF et une entreprise chinoise pour un coût exorbitant. C’est uniquement viable parce que le gouvernement leur a promis un prix par unité d’électricité – alors que les énergies renouvelables coûtent déjà la moitié du prix. C’est de la folie ! C’est comme si, aujourd’hui, vous payiez des centaines d’euros pour un VHS. C’est absurde ! De plus, le développement des énergies renouvelables et des accumulateurs a rendu l’idée que l’énergie nucléaire doit être générée en tant qu’énergie de base complètement obsolète et stupide.

Je pense qu’il est urgent que nous abandonnions l’énergie nucléaire et les énergies fossiles, et c’est aujourd’hui réalisable. Particulièrement si nous avons une baisse de la demande énergétique, et une hausse des moyens de conservation. Lorsque nous créons de l’énergie renouvelable, ce sont les communautés où les structures sont installées qui en bénéficient principalement. Pour moi, le nucléaire n’a aucun rôle à jouer dans un futur en transition.

Propos recueillis par Thierry Bourgeois et Laetitia Harutunian.

Traduction : Grégory Defourny

 

Une réponse à “Interview de Rob Hopkins le 23 Mars 2018”

  1. Jean Tassin Dit :

    Cette interview de Rob Hopkins est passionnante. J’apprécie particulièrement la manière dont il défend son point de vue par rapport au fait que l’urgence de la situation est telle que nous devons pouvoir travailler tous les uns avec les autres, quelles que soient nos convictions au départ.

    Répondre

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